L'année précédente, ses collègues Peter Hagett et Richard J. Chorley ont publié Models in geography. Les intentions sont à chaque fois les mêmes : faire de la géographie une science à part entière. A la démarche descriptive et empirique de leurs aînés, ces jeunes chercheurs anglo-saxons opposent une méthode hypothético-déductive. Leurs travaux sont l'occasion de redécouvrir les modèles de localisation élaborés à partir du xixe siècle et jusqu'à l'entre-deux-guerres par les économistes et géographes allemands (Johann-Heinrich von Thünen, Alfred Weber, August Lösch et Walter Christaller) . Ils témoignent aussi d'une volonté d'ouverture sur les sciences sociales : à l'analyse des rapports de l'homme avec le milieu, ils entendent mettre l'accent sur le rôle des rapports sociaux dans la production de l'espace.
Le temps des modèles. Géographie, histoire économique, archéologie...
Tandis qu'en 1968 le vent de la contestation souffle sur les campus universitaires anglo-saxons, Peter Gould, géographe anglais, décédé récemment, fait paraître un article au titre programmatique : «The New geography, where the movement is ».